Nèfles, des petits fruits oubliés
Nèfles, sorbes… autant de petits fruits oubliés à notre époque, où le goût particulier de ces fruits blets étonne. Ils continuent néanmoins à pousser dans les haies, à se laisser grappiller par les enfants curieux et rechercher par les inconditionnels. « Elle a cinq ailes et cinq os et ne peut voler dans les bois. Qui est-elle ? » interroge une devinette désuète du Sud-Ouest. La nèfle, bien sûr ! Fruit brun et rondouillard s’ornant d’une couronne de cinq sépales et dont la chair renferme cinq grosses graines plates. Ce qui caractérise la nèfle est bien la métamorphose de sa chair qui, de dure et acerbe, se transforme en un velouté sucré.
Originaire d’Arménie et du Caucase, la néfle commune fut cultivée dès l’Antiquité dans tout le bassin méditerranéen et s’est répandue très tôt au nord des Indes. Elle croît actuellement à l’état sauvage dans toute l’Europe. Et si nous méconnaissons aujourd’hui ce fruit rustique, il avait pourtant sa place dans chaque ferme d’autrefois. Les nèfles étaient alors récoltées, après les premières gelées, dans des vans, paniers plats permettant de meurtrir délicatement le dessus des fruits. Elles étaient ensuite conservées tout l’hiver au fruitier sur une couche de paille.
Déguster
Les nèfles ne sont vraiment savoureuses qu’une fois qu’elles ont été bletties par le gel. Elles sont alors molles. Il faut les éplucher et retirer les cinq gros noyaux qui occupent la moitié du fruit.
Simple et rapide : à la fin du repas, manger quelques nèfles avec des noix et du cantal ou du comté. A l’apéritif, épluchées et roulées dans une tranche fine de jambon cru.
Festif : servies en accompagnement d’un gibier, des nèfles cuites dans la poêle avec un peu de beurre et des épices. En compote épicée, avec une sauce aux pommes acides et un filet mignon de porc. En soufflé, accompagnées d’un sorbet aux poires et d’amandes caramélisées.
Original : un peu de compote de nèfles étendue d’un sirop de sucre vanillé pour arroser des pommes au four.